Zn isotope study of atmospheric emissions and dry depositions within a 5 km radius of a Pb-Zn refinery. Mattielli N., J. C. J. Petit, K. Deboudt, P. Flament, E. Perdrix, A. Taillez, J. Rimetz-Planchon, D. Weis.2009. Atmospheric Environment, 43(6): 1265-1272

Cette étude évalue le potentiel de la géochimie isotopique du zinc comme traceur de sources de pollution atmosphérique. Elle établit comment évolue la signature isotopique du zinc lors des processus pyrométallurgiques et comment cette signature est transférée dans l’environnement.​

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Afin de pouvoir réaliser un bilan des flux de matière au sein de l’usine et des  rejets dans l’environnement, un minerai spécifique à été utilisé par l’industriel trois mois avant la campagne d’échantillonnage.

Des échantillons ont été prélevés à différents stades du processus de raffinage au sein de l’usine Métaleurop (site de Noyelles-Godault), mais aussi sur des plaques de dépôts, disposées dans un rayon de 5 km autour de l’émissaire (figure 1).

L'usine est constituée de deux chaines de production : l'une de Zn métallique et l'autre de Pb métallique.

Les minerais enrichis (minerai primaire + fondant + matériaux recyclés) sont grillés et agglomérés, c'est à dire convertis en oxydes à haute température, puis réduits et volatilisés à très haute température (figure 2).

 

 

Les minerais enrichis et les poussières produites par les différentes étapes du procédé pyrométallurgique montrent des signatures très fractionnées de δ66Zn = -0.67 ‰ (poussières collectées à la sortie de la cheminée principale) à +0.22 ‰ (minerai enrichi de départ).

Ce fractionnement isotopique important est  attribué au processus d’évaporation et de réduction du zinc de sa forme oxydée à sa forme élémentaire, caractérisé par un facteur de fractionnement minerai/vapeur de  1.0004 to 1.0008. Les poussières produites s'enrichissent progressivement en Zn isotopiquement léger (figure 3).

Les plaques de dépôts les plus proximales retiennent de grands agrégats (>10 mm) de particules composées de Zn, Fe, S et d’O,  et caractérisées par des signatures isotopiques variant de 0.02 à 0.19‰, alors que les plus distales,  plus petites et composées de sphérules de Zn natif, enregistrent des signatures isotopiques négatives de δ66Zn = -0.52 à δ66Zn = -0.02‰ (figure 4).​

Les premières sont probablement liées à la resuspension des particules émises au sein des ateliers, les dernières sont attribués aux retombées sèches des aérosols émis par la cheminée principale (figure 5).

MétalEurop c'est aussi (et surtout)....

En janvier 2003, les 830 salariés apprennent que l'entreprise, placée en redressement judiciaire depuis novembre 2002, va être liquidée, qu'ils seront licenciés sans préavis ni plan social, et que le groupe ne prendra pas en charge la dépollution du site.



Un mouvement de grève, des plaintes en justice et des aides des collectivités ont suivi. Le groupe Glencore, actionnaire à 33 % de Metaleurop S.A., auquel appartient Metaleurop, niatoute responsabilité (Glencore est un conglomérat suisse très controversé spécialisé dans la production et le courtage de métaux, connu des opérateurs financiers pour sa discrétion et l'opacité de ses opérations, en particulier en Afrique, dans le golfe de Guinée).

À sa fermeture, Metaleurop Nord raffinait le zinc et d'autres métaux (dont plomb,cuivre, antimoine, indium, germanium, or, argent, cadmium, etc). L'usine était dans les années 1990 le premier employeur du bassin d'emploi local, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.



Peu avant sa mise en faillite suite à son abandon par la société-mère Metaleurop, Metaleurop-Nord assurait à partir de minerais, les deux tiers de la production française de plomb (150 000 t), un tiers de celle de zinc (100 000 t), la totalité de la production française de germanium (20 tonnes) et d'indium (50 à 70 tonnes).



Selon l'observatoire régional de la santé (ORS) en octobre 2002, 13% des enfants dépistés dans les communes aux abords de l'usine avaient un taux d'imprégnation élevé, et à Évin-Malmaison, située sous les vents dominants, ce taux atteint 27%. Après une plainte pour « mise en danger de la vie d'autrui » et pour « non-assistance à personne en danger » de la part du Comité de défense liévinois, en raison de nombreux cas de saturnisme autour de l'usine, chez des enfants notamment, et suite à cette liquidation inattendue, une information judiciaire pour « abus de biens sociaux » et « recel d'abus de bien sociaux » a été ouverte le 13 février 2006.

Plus d'informations sur  le site de l'association des anciens ouvriers de l'usine  et dans le documentaire de J.-P. LEPERS et P. MENAIS


 

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